En 2025, le dispositif MaPrimeRénov’ connaît plusieurs évolutions importantes, dans un contexte de rationalisation des budgets publics et de transition énergétique. Voici un panorama détaillé des changements annoncés et de leur impact.
1. Budget réduit mais maintien du dispositif
Le gouvernement a décidé de consacrer 2,3 milliards d’euros à MaPrimeRénov’ pour l’année 2025, soit une diminution d’un milliard d’euros par rapport à 2024. Cette réduction s'inscrit dans une volonté de réorienter les fonds publics vers des rénovations plus globales et performantes, tout en continuant à soutenir les ménages les plus modestes.
Le but affiché est de renforcer l’efficacité énergétique des logements, tout en optimisant l’utilisation des fonds. Les critères de priorisation et les montants accordés varient donc davantage en fonction du revenu des ménages, de la nature des travaux et de leur impact sur la performance énergétique globale du logement.
2. Modifications des taux d’aide
Les barèmes des aides ont été ajustés pour 2025, avec une diminution notable pour les ménages appartenant à la catégorie des revenus supérieurs (catégorie rose). Voici quelques exemples d’ajustements :
- Rénovations globales : pour les ménages aisés, le taux de financement diminue de 30 % à 10 % lorsque les travaux permettent un gain énergétique de deux classes.
- Travaux par geste : les aides pour des travaux spécifiques (isolation des combles, changement de chaudière, etc.) restent disponibles, mais à des niveaux légèrement inférieurs par rapport à 2024 pour les ménages aux revenus intermédiaires et supérieurs.
En revanche, pour les ménages modestes et très modestes (catégories bleue et jaune), les taux restent attractifs. Les plafonds de dépenses subventionnables ont également été ajustés pour permettre un meilleur ciblage des foyers les plus vulnérables.
3. Maintien du parcours par geste
Contrairement aux attentes initiales, le parcours "par geste" reste ouvert en 2025, notamment pour les logements classés F et G (passoires thermiques). Cela signifie que les propriétaires peuvent continuer à entreprendre des travaux ponctuels sans s’engager dans une rénovation globale. Ce maintien vise à éviter de pénaliser les ménages qui n’ont pas la capacité financière ou organisationnelle de réaliser des rénovations lourdes.
Cependant, le gouvernement encourage les rénovations globales en augmentant les primes pour ces projets plus ambitieux, avec l'objectif de réduire significativement le nombre de logements énergivores d'ici 2030.
4. Obligation de diagnostic reportée
Une autre mesure notable est le report au 1ᵉʳ janvier 2026 de l'obligation de fournir un diagnostic de performance énergétique (DPE) pour certains travaux éligibles à MaPrimeRénov’. Cette simplification temporaire vise à réduire les freins administratifs pour les travaux moins complexes, comme l'isolation des combles ou l'installation de systèmes de chauffage performants.
5. Réduction des aides au chauffage au bois
Dans le cadre des objectifs environnementaux, le soutien aux appareils de chauffage au bois diminue progressivement. En 2025, ces aides sont réduites de 20%, après une baisse de 30% intervenue en avril 2024. Cette décision s’explique par la volonté de privilégier des sources d’énergie encore moins émettrices de particules fines.
6. Augmentation des taux d’écrêtement pour les ménages intermédiaires
Les taux d’écrêtement, c'est-à-dire le pourcentage maximal de dépenses pouvant être couvertes par la prime, sont revus à la hausse pour les ménages aux revenus intermédiaires (catégorie violette). Ainsi, ces foyers peuvent désormais prétendre à un taux de 80% contre 60% auparavant, ce qui devrait les encourager à entreprendre des travaux plus importants.
Le gouvernement mise sur une meilleure efficacité énergétique des logements pour atteindre les objectifs climatiques fixés par la loi Climat et Résilience.
En 2025, l’accent est mis sur :
- La lutte contre les passoires thermiques (logements classés F et G) ;
- Le développement des rénovations globales, qui combinent plusieurs gestes pour maximiser les gains énergétiques ;
- Le ciblage des ménages modestes et très modestes.
Ces changements s'inscrivent dans une dynamique de transformation profonde du parc immobilier français, avec pour ambition de faire de MaPrimeRénov' un levier majeur de la transition énergétique, tout en tenant compte des contraintes budgétaires actuelles.